Design et pliage : l’essentiel sans superflu
L’Urbanglide Ride 100 Pro adopte un design fonctionnel qui va droit au but. Le châssis en aluminium noir mat est simple mais propre. On ne retrouve pas le raffinement des marques premium, mais l’ensemble est correctement assemblé et les finitions sont acceptables pour cette tranche de prix.
L’élément visuel distinctif, ce sont les deux suspensions bien visibles — l’amortisseur avant sur la fourche et l’amortisseur arrière sous le plateau. Elles donnent à la trottinette un look un peu plus baroudeur que les modèles minimalistes. Le logo Urbanglide, discret sur la colonne de direction, complète l’identité visuelle sans ostentation.
Le mécanisme de pliage est classique et fonctionnel. Un levier à déclencher, la colonne se rabat, et un système de crochet la maintient en position. Aucun problème de fiabilité n’est signalé dans les avis consultés, bien que le mécanisme manque légèrement de fluidité par rapport aux systèmes Xiaomi ou Segway. Une fois pliée, la trottinette mesure environ 115 × 47 × 50 cm.
Le poids de 15,5 kg est raisonnable et facilite le transport. Le plateau offre une largeur correcte de 15 cm avec un grip antidérapant efficace. L’écran LCD basique affiche la vitesse, le mode et le niveau de batterie — pas de fioritures, mais l’essentiel est là. Les câbles externes gagneraient à être mieux intégrés, c’est un point esthétique perfectible.
Moteur et vitesse : 350W pour la ville
Le moteur brushless de 350W (700W en crête) offre des performances adaptées à un usage urbain quotidien. Trois modes de conduite : Eco (12 km/h), Normal (20 km/h) et Sport (25 km/h). La vitesse maximale est bridée à 25 km/h pour la conformité française.
L’accélération est correcte sans être fulgurante. Le démarrage en mode Normal est progressif et bien maîtrisé. En mode Sport, la réponse de l’accélérateur est un peu plus vive mais reste parfaitement contrôlable. Pour un débutant, le mode Eco offre une vitesse réduite rassurante pour apprivoiser l’engin.
La gestion des côtes est honnête. Le moteur encaisse des pentes à 15% sans difficulté, mais au-delà de 18%, la vitesse chute sensiblement. Pour une ville plate ou légèrement vallonnée, les 350W sont amplement suffisants. Les habitants de villes très vallonnées gagneront à regarder vers des moteurs plus puissants.
Le moteur est logé dans la roue avant. Il est raisonnablement silencieux en utilisation normale, bien qu’un léger sifflement se fasse entendre à pleine charge en côte. Rien de gênant, mais les moteurs Xiaomi et Segway sont un cran en dessous en termes de bruit. Le régulateur de vitesse est absent sur ce modèle — dommage pour les longs trajets.
Autonomie et batterie : environ 30 km selon l’usage
La batterie lithium-ion de 270 Wh (7,5 Ah / 36V) offre une autonomie annoncée de 35 km. Dans la pratique, l’autonomie dépend du poids du conducteur, du mode choisi et du relief, et reste généralement inférieure à la valeur annoncée. C’est une valeur dans la moyenne pour cette capacité de batterie.
En mode Sport exclusif, l’autonomie descend à environ 20-22 km. En mode Eco, on peut atteindre les 30-32 km sur du plat. Pour des trajets quotidiens de 5 à 8 km aller-retour, la batterie tient une semaine avec deux charges. Au-delà de 10 km par trajet, la recharge quotidienne devient nécessaire.
Le temps de charge est d’environ 5 à 6 heures, ce qui est raisonnable. Pas de chargeur rapide disponible, mais le temps de charge contenu ne rend pas cet accessoire indispensable. La récupération d’énergie au freinage est présente mais basique — elle contribue marginalement à l’autonomie.
L’application Urbanglide (disponible sur iOS et Android) permet de suivre le niveau de batterie, l’historique des trajets et les kilomètres parcourus. L’interface est fonctionnelle mais moins aboutie que celles de Xiaomi ou Segway. Elle fait le travail sans impressionner.
Confort et suspension : le vrai atout de ce modèle
C’est ici que l’Urbanglide Ride 100 Pro justifie pleinement son choix. La double suspension — amortisseur à ressort à l’avant et à l’arrière — transforme radicalement le confort de conduite par rapport aux modèles sans suspension de la même gamme de prix. Et à environ 350 €, rares sont les trottinettes à offrir ce niveau d’amortissement.
Sur les pavés parisiens, les raccords de bitume et les passages de seuils, la différence est flagrante. Les chocs sont absorbés au lieu d’être transmis directement au conducteur. Les poignets et les chevilles disent merci, surtout sur les trajets de plus de 15 minutes. Pour les villes aux revêtements capricieux, c’est un argument massue.
Les pneus 10 pouces gonflables complètent le dispositif d’amortissement. Leur diamètre généreux améliore le franchissement des petits obstacles et contribue à la stabilité générale. L’ensemble suspensions + grands pneus offre un niveau de confort qu’on ne trouve habituellement que sur des modèles 100 à 200€ plus chers.
Les suspensions sont réglées pour un poids moyen (65-85 kg). En dessous de 60 kg, elles peuvent sembler un peu fermes ; au-dessus de 90 kg, elles sont davantage sollicitées et l’amortissement diminue. Elles ne sont pas réglables, ce qui est le lot de cette gamme de prix. Le plateau offre un confort correct, avec un grip satisfaisant.
Sécurité et freinage : correct sans plus
Le système de freinage combine un frein à disque arrière et un frein électronique avant. La puissance de freinage est satisfaisante, avec une distance d’arrêt d’environ 4,5 mètres à 25 km/h — dans la moyenne de la catégorie, sans être la meilleure.
Le frein à disque arrière offre une bonne progressivité. Le levier a une course correcte et la modulation est possible — on peut doser son freinage entre décélération légère et arrêt d’urgence. Le frein électronique avant complète le dispositif pour un freinage combiné efficace. Les deux doivent être utilisés simultanément pour un arrêt optimal.
L’éclairage est basique mais fonctionnel. Un phare avant LED de puissance moyenne et un feu arrière à LED rouge. L’éclairage avant suffit pour être vu, mais pas pour éclairer la route de nuit — un éclairage complémentaire est recommandé pour les trajets nocturnes. Les réflecteurs latéraux sont présents.
Pas de clignotants sur ce modèle — il faudra continuer à signaler manuellement ses changements de direction. La sonnette mécanique est incluse et suffisamment sonore pour l’usage urbain. La certification IPX4 garantit une résistance aux éclaboussures, mais la prudence reste de mise sous forte pluie.
Verdict : le confort accessible
L’Urbanglide Ride 100 Pro fait un pari audacieux : proposer la double suspension à un prix plancher d’environ 350 €. Et le pari est réussi. Pour les conducteurs qui roulent sur des routes dégradées ou des pavés, le gain de confort est considérable par rapport aux modèles sans suspension de la même gamme de prix.
Les concessions existent : autonomie modeste, autour de 30 km selon l’usage, finitions en retrait par rapport aux grandes marques, application basique. Ce ne sont pas des défauts rédhibitoires, mais des compromis assumés pour maintenir un prix attractif. Si votre priorité est le confort de conduite et que vos trajets ne dépassent pas 12-15 km, le Ride 100 Pro est un excellent choix.
La marque française Urbanglide assure un SAV de proximité avec des pièces détachées disponibles — un avantage non négligeable sur le long terme face aux marques importées sans représentation locale.
Notre note : 4.4/5 — Le meilleur choix à petit budget pour ceux qui privilégient le confort. La double suspension à environ 350 € est un argument que la concurrence a du mal à contrer.
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